Du 18 mars au 19 juillet 2026, la Maison de Chateaubriand met à l'honneur Delphine de Custine, femme de coeur et d'esprit à l'époque romantique, à l'occasion du bicentenaire de sa mort. Lettres autographes, manuscrits, portraits, dessins, gravures, éditions originales et ouvrages publiés au XIXᵉ siècle sont à découvrir dans cette nouvelle exposition-dossier.
Programmation culturelle
Samedi 11 avril 2026 dans le cadre des « Floraisons littéraires »
11h : Conférence inaugurale
- « Portrait d’une femme romantique : Delphine de Custine (1770-1826) » par Samantha Caretti
14h : Table ronde n° 1
- « Une héroïne en son temps : de la Terreur aux salons », animée par Samantha Caretti, avec Gérard Gengembre, Catriona Seth et Emmanuel de Waresquiel
16h : Table ronde n° 2
- « L’amante et l’amie : lettres à Chateaubriand », animée par Samantha Caretti, avec Brigitte Diaz, Marie-Bénédicte Diethelm et Romain Enriquez
18h30 : Récital voix et pianoforte
- « Mélodies et romances au temps de Chateaubriand », avec Daniel Isoir, pianiste et pianofortiste, et Camille Poul, soprano
Commissaire d’exposition : Samantha Caretti, présidente de la Société des amis de Custine, vice-présidente de la Société Chateaubriand, docteure en littérature française, spécialiste de l’époque romantique et professeure agrégée de lettres modernes (Académie de Versailles). Elle prépare actuellement la publication des correspondances de Delphine et Astolphe de Custine.
Delphine de Custine (1770-1826), une femme de coeur et d'esprit
Une figure de la fine aristocratie
Née Delphine de Sabran le 18 mars 1770, Delphine de Custine incarne l’élégance et l’esprit de l’aristocratie française. Dès sa jeunesse, sa beauté légendaire lui vaut le surnom de « reine des roses », donné par le poète Stanislas de Boufflers, second époux de sa mère, Eléonore de Sabran. Mais derrière cette image de grâce se cache une femme d’une force et d’une intelligence exceptionnelles, marquée par les tourments de son époque.
Un courage face à la Révolution
Lors de la Révolution française, Delphine de Custine fait preuve d’un courage rare. Elle défend son beau-père, le général Custine, devant le tribunal révolutionnaire, avant d’assister, impuissante, à son exécution ainsi qu’à celle de son mari. Emprisonnée aux Carmes, elle survit à cette période sombre avec une résilience qui force l’admiration.
Une muse et une artiste
Delphine de Custine n’est pas seulement une figure mondaine : elle est aussi une artiste accomplie. Portraitiste talentueuse, elle réalise les effigies de ses proches, dont celle de Chateaubriand, exposée ici, ainsi que celles de l’écrivain allemand Friedrich Schlegel et de sa famille. Son talent est salué par Élisabeth Vigée-Lebrun, l’une des plus grandes portraitistes de son temps.
Une âme sœur pour Chateaubriand
Sa rencontre avec François-René de Chateaubriand en 1803 marque le début d’une relation passionnée, à la fois amicale et amoureuse, qui durera jusqu’à sa mort en 1826. Leur correspondance, leurs échanges intellectuels et leur complicité en font l’un des couples emblématiques du romantisme. Chateaubriand lui rend hommage dans ses Mémoires d’outre-tombe, tandis qu’elle inspire des personnages littéraires, comme Velléda dans Les Martyrs (1809) ou le roman Delphine (1802) de Madame de Staël.
Un salon littéraire et artistique
À Paris comme en Normandie, où elle possède le château de Fervaques, Delphine de Custine anime un salon littéraire et artistique fréquenté par les esprits les plus brillants de son temps : Fouché, Boissy d’Anglas, le général Miranda, le sculpteur Canova, ou encore les écrivains Chênedollé, Félicité de Genlis et Rahel Varnhagen. Elle est également la marraine de Delphine Gay, future Madame de Girardin, et entretient une relation fusionnelle avec son fils, Astolphe de Custine, auteur de La Russie en 1839 (1843).
Une postérité littéraire
Delphine de Custine laisse une empreinte durable dans la mémoire collective. Son influence s’étend bien au-delà de son cercle, comme en témoignent les hommages de la duchesse d’Abrantès, Sainte-Beuve et Anatole France. À travers cette exposition, ce sont ses lettres autographes, ses manuscrits, ses portraits, ses dessins, ses gravures, ainsi que les éditions originales du XIXᵉ siècle qui révèlent la richesse d’une vie consacrée à la passion, à l’art et à la liberté.


