La Maison de Chateaubriand vous propose d'écouter les conférences organisées dans le cadre du cycle Kant et de l'année Napoléon. 

 title=

L'année Napoléon

2021 est l’année du bicentenaire de la mort de Napoléon. On retient souvent que Chateaubriand s’opposa à l’empereur : la réalité est plus complexe… Pour commémorer cette date anniversaire, la Maison de Chateaubriand vous propose de découvrir l’histoire des relations de Chateaubriand et Napoléon, traduite en lectures, ainsi qu'un cycle de conférences. 

1803: La rencontre (1/2)

 
1803: La rencontre (2/2)
 


1804-1807 : La rupture

1811 : L’affaire du discours académique


Le Rendez-vous de Grenade par Marie-Claude Jardin

En rentrant de son grand voyage en Orient, Chateaubriand s’arrête à Grenade. Pour admirer l’Alhambra ? Plutôt pour y retrouver sa maîtresse, Natalie de Noailles… Ayant accompagné son frère en Espagne, elle a fait savoir à l’écrivain qu’elle l’y attendait.

Marie-Claude Jardin, biographe de l'Enchanteresse de Chateaubriand, présente les retrouvailles de Chateaubriand celle qui lui inspira les personnages de Velléda (Les Martyrs, 1809) et de Blanca (Les Aventures du dernier Abencerage, écrit en 1810).


L’infini actuel au XVIIe siècle par Ariel Suhamy

Le 17 février 1600, Giordano Bruno brûle sur le bûcher de l’Inquisition à Rome. Son crime ? avoir tiré toutes les conséquences de son intuition fondamentale, celle d’un univers infini en acte, qui rompait avec le « monde clos » que l’Église avait érigé en dogme. Tout le XVIIe siècle se débat avec ce problème nouveau : comment réconcilier science et religion autour de la notion d’infini ? Celle-ci en effet ne traduit plus une impuissance de l’esprit ou une potentialité, mais la toute-puissance, propre à l’être suprême. Et comment penser la finitude de l’homme au sein de cet infini qui l’enveloppe et le dépasse ? On parcourra à très grands pas les métamorphoses de l’Infini actuel avec quatre grands penseurs de l’âge classique : Descartes qui s’arrête devant son incompréhensibilité, Pascal qui s’effraie de ses disproportions, Spinoza qui le porte à l’absolu et Leibniz qui le multiplie… à l’infini. 

Ancien élève de l’École normale supérieure (Ulm), Ariel Suhamy est agrégé et docteur en philosophie, et directeur de la collection Vie des idées - Puf. Il a dirigé la revue en ligne Captain Doc (CNRS/INIST), consacrée à la documentation électronique, et anime divers ateliers philosophiques. Il co-dirige avec un séminaire sur la philosophie de Spinoza à l’Université de Paris I Sorbonne.


Le cycle philo Kant

 
par Christian Bonnet, professeur émérite d’histoire de la philosophie allemande à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Chistian Bonnet a été professeur invité à l’Université de Vienne. Ses travaux portent principalement sur les philosophies de la connaissance de langue allemande, de Kant et de l’immédiat postkantisme à l’empirisme logique. Il a traduit divers philosophes de langue allemande, parmi lesquels Karl Popper, Moritz Schlick et Friedrich Waismann. Il a notamment co-dirigé le volume Vienne-Berlin-Prague 1929-1936 : l’âge d’or de l’empirisme logique (Paris, Gallimard, 2006) et publié L’Autre École de Iéna. Critique, métaphysique et psychologie chez Jakob Friedrich Fries (Paris, Garnier, 2013).

Kant et le siècle des Lumières 

La philosophie de Kant est une philosophie du sujet qui s’inscrit pleinement, à ce titre, dans le paysage philosophique du siècle des Lumières. Pour lui, comme pour ses prédécesseurs – de Descartes à Locke ou à Hume – la pensée ne saurait se diriger vers le monde sans se poser la question du pouvoir de connaître de l’esprit humain et de la légitimité de notre connaissance.
Si Kant n’est pas le premier à s’interroger ainsi sur la nature et les limites de notre esprit, la reformulation de la question et la solution qu’il propose seront en revanche radicalement nouvelles


 Kant ou la révolution copernicienne en philosophie

Avec sa Critique de la raison pure, publiée en 1781, Kant accomplit en philosophie une révolution que lui-même compare à celle par laquelle Copernic mit le Soleil au centre de l’Univers.
On supposait jusque-là, nous dit-il, que la connaissance se réglait sur les objets, que le sujet connaissant « tournait » pour ainsi dire autour de l’objet connu pour s’adapter à lui, le saisir tel qu’il est en lui-même, l’objet demeurant quant à lui « immobile », inchangé.
On fera désormais l’hypothèse inverse, autrement dit l’hypothèse selon laquelle l’objet connu se règle sur le sujet connaissant, c’est-à-dire sur notre pouvoir de connaître.


Kant et la critique de la métaphysique

La révolution copernicienne de Kant a cette conséquence radicale que notre connaissance est désormais limitée.
Notre pouvoir de connaître ne s’étend pas au-delà des limites de l’expérience. En ce sens, le premier résultat en est négatif. Toutefois, loin de n’avoir que cette seule utilité négative, consistant à limiter notre savoir, la Critique de la raison pure a également, aux yeux de Kant, une éminente « utilité positive » : elle doit permettre de refonder la métaphysique et de sauver la morale. S’il faut certes, pour cela, commencer par montrer en quoi le chemin suivi jusque-là par les philosophes conduit à une impasse, Kant ne saurait pour autant être tenu pour le « Robespierre de la philosophie » évoqué par le poète Heinrich Heine.


Kant et la question morale : « Tu dois, donc tu peux ».

La conscience de la loi morale – qui se manifeste en nous sous la forme de l’expérience du devoir qui me commande ce que je dois faire, inconditionnellement, quelles que soient les circonstances – est désormais au cœur de la refondation de la métaphysique que se propose la Critique de la raison pratique, laquelle s’emploie à retrouver la liberté, l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme, dont la Critique de la raison pure a établi qu’elles ont inaccessibles à la pure spéculation théorique par laquelle la métaphysique traditionnelle a jusque-là prétendu les connaître.